Eric Holder est décédé il y a peu de temps. Je connaissais un peu son oeuvre via les films tirés de ses romans ou via ceux que j'avais lu. 

A la médiathèque je suis tombé, un peu par hasard sur son roman "La saison des Bijoux" que je ne connaissais pas.

Il date de 2015. J'ai été attiré par le lieu où se passe l'action et par le contexte.

Le lieu donc. Nous avons passé nos vacances d'été en famille pendant presque 10 ans dans le Médoc, qaund les filles étaient petites. C'est une région que j'affectionne tout particulièrement. Bien sûr, en juillet-août, mais aussi à d'autres moments de l'année. Vacances de printemps ou d'automne. J'adore cette région et l'atmosphère qui y règne quand il n'y a pas la cohue des vacanciers. En hiver particulièrement. Tout est fermé. Le village principal vivote tranquille, mais du côté de "l'extention" vers le littoral, c'est mort.

En été c'était camping et vie dehors. En hiver on louait un appartement dans la rue principale (en gros celle qui va à l'océan). On est seul ou presque. Prévoir une location avec chauffage quand même, car quand ça souffle, ça souffle. On voit passer des boules de branches comme dans un western.... Toutes les boutiques sont closes. Quelques surfeurs viennent braver les flots impétueux.

Le contexte. Le roman se déroule dans le milieu des camelots, ceux qui font les marchés l'été. Dans ma jeunesse j'ai été aussi camelot. Au début (j'avais 14 ans) pour gagner un peu d'argent de poche, puis ensuite régulièrement tous les samedis et dimanches et pendant les vacances. J'ai vendu des bonbons puis des vêtements.  Il s'en est fallu d'un cheveux que je n'arrête la fac pour aller m'installer à mon compte comme commerçant itinérant... 

J'ai retrouvé l'ambiance de cette époque dans le roman d'Holder. Les bisbilles pour avoir le meilleur emplacement, les jalousies entre vendeurs des mêmes produits, etc mais aussi la grande fraternité qui existe réellement entre forains...

Quatrième de couverture :  "Faire une saison », c’est l’idée que Jeanne et Bruno se sont mise en tête : quitter les monts du Lyonnais pour aller planter parasols et tréteaux au grand vent de l’Atlantique, sur la place du village balnéaire de Carri, à la lisière des dunes. Marchands ambulants, ils forment une petite tribu que complètent Alexis, onze ans, et Virgile, soixante et un. On les appellera en toute simplicité les Bijoux, ils disposeront d’une poignée de mètres carrés au soleil et seront adoubés par des confrères nommés Nanou Primeurs, Fromage ou Château-Migraine le bougnat. Et puis il y a Forgeaud, le boss du marché, protecteur incontournable et despote au passé obscur, Forgeaud qui, frappé par la beauté de Jeanne, en perd le souffle et se promet de la posséder avant la fin de l’été.

Plus que jamais dans son élément, Éric Holder s’empare de cette saison mouvementée au goût de sel, prétexte à un exercice virtuose de portraitiste, à des scènes et tableaux qui réservent un régal de lecture. Mais surtout, cette chronique délicate et amoureuse rend hommage à une société, à la fois marginale et populaire, dont la littérature parle rarement.

Salut l'artiste.

erichoder