Il y a des jours où je n'ai vraiment pas l'impression d'avoir volé la France...
Je suis arrivé au bureau à 7 heures. Petit tour aux cuisines et discussion (très sympa) avec quelques internes petitdéjeunant.
Brin de causette (rapide, rapide) avec la cheffe un peu stressée. Retour au bureau. Téléphone (il est 7 heures 25), une maman m'informe qu'elle est passée hier soir à la gendarmerie because menace et racket envers son fiston (25 euros sinon je te plante la spatule entre les deux yeux...). Descente à la Gengen qui confirme le dépôt de plainte et me demande de descendre (en bagnole, pas au fusil à pompe..) le présumé coupable dans la matinée. Ce sera l'affaire du CPE, car à 9 heures réunion de chefs d'établissements avec l'inspectrice de circonscription et c'est moi qui reçoit... (la cheffe stressée, c'est pour ça..).

La réunion débute. 1/4 d'heure plus tard, coup de fil de la secrétaire. Je dois aller à la Gengen, les parents des 2 loustics sont là et ça chauffe un peu. Je vous prie de m'excuser, Madame, l'inspectrice, mais il faut que je vous quitte ... A la Gengen effectivement ça chauffe. Les deux papas en sont presque venus aux mains. Il a fallu mettre chaque famille dans des pièces séparées. Retour sur la tentative de racket. Bien entendu l'agresseur et surtout son père, jurent leurs grands dieux que ce n'est pas vrai alors que l'autre et sa mère hurlent le contraire. Au bout de 10 minutes, voyant que ça n'avance pas beaucoup, je demande à l'adjudant si je peux m'éclipser. Autorisation donnée, je file. Je reprendrai tout ça en fin d'après-midi. Je retrouve la réunion. 12 heures 30 repas avec les collègues. Enfin, repas, c'est vite dit. La vie scolaire m'informe qu'une gamine vient de s'éclater un genou en tombant dans un escalier. La consolation c'est qu'elle a fait ça toute seule, au moins il n'y aura pas de confrontation avec un présumé agresseur. SAMU, pompiers, etc, etc, etc...

Fin du repas, les collègues regagnent leurs pénates. L'inspectrice fait un peu la gueule, tant pis pour elle (ou pour moi...). A peine le temps d'aller pisser. Autre réunion avec un représentant du Conseil régional, une élue et les élèves délégués au Conseil de Vie Lycéenne. Rencontre intéressante à propos d'un projet pour les lycéens. Une heure de travail constructive. Un vrai plaisir.

La Gengen rappelle (décidément, ils s'accrochent sur ce coup là...). Les deux mecs sont retournés en classe mais l'affaire semble plus compliquée. Les gendarmes ont trouvé un peu de shit sur l'agresseur présumé... Les deux gars retournent au poste avec le CPE qui remonte un peu plus tard seul. Les parents iront les rechercher plus tard.

Coup de téléphone du père de l'estropiée qui se plaint de ce que la chute de sa fille a pu être causée par un escalier en "mauvais état"... Là, je m'assois et je pleure... Non, je rigole (enfin pas trop quand même...). Rendez-vous est pris demain matin pour explication.

C'est à ce moment qu'un prof m'apporte un rapport concernant un gamin. Révélations à la récré.  Et hop, procédure de signalement d'enfant en danger... Une heure de rang pour traiter tout ça. Il est 18 heures. Je lis le courrier... du matin. Une ou deux réponses (y'a plus de secrétaires depuis belle lurette...) et quelques mails plus loin, il est 19 heures. Soudain un grand vent de lassitude me fait frissonner (c'est beau, hein...!) et je décide d'arrêter pour aujourd'hui. Rideau.